J'ai déjà raconté ici le plaisir de voler en VFR, un dimanche, vers une destination improbable. Pour aller déjeuner, se promener, respirer, sentir un "pays" de la vieille France, riche d'histoire, de culture, d'architecture et de cuisine du terroir.
Double plaisir. D'abord celui de la navigation telle que nous l'avons apprise il y a 21 ans, avant l'avènement du GPS : la carte IGN au 1:500000, le doigt sur la carte, la montre et la France qui défile sous les pieds. Pour que le plaisir soit complet il faut couper les deux GPS de l'avion, mettre le MFD sur la page "Engine Monitoring", ne pas se servir du pilote automatique et surtout regarder dehors pour trouver les châteaux d'eau, les ponts enjambant les rivières, les lignes à haute tension, les lignes de chemin de fer, les passages à niveau, les carrefours. Au fil de cette quête on découvre par hasard là un château renaissance, là une écluse, là une église. Par temps clair on voit la carte défiler sous les pieds et il reste un peu de ce frisson des premières navigations solo de l'ère d'avant le GPS quand on se demandait quand allait nous sauter à la figure le terrain de destination, s'il avait la bonne idée de se montrer... Le SR22 est un avion versatile : merveilleuse plateforme pour voyager loin, vite et haut en IFR c'est aussi l'avion le plus confortable pour se balader à 1500 ft, moteur réduit à 2400/21 pour 8 à 9 USG/h, un petit 130 kt au badin en profitant de la souplesse de son aile composite dans les turbulences thermiques.
L'autre plaisir de ces escapades est la découverte de ces régions françaises si nombreuses, leur diversité et leur richesse architecturale et historique. L'ancrage de notre pays dans la terre, l'histoire, la culture et l'architecture est incroyable. L'avion permet d'en apprécier toute l'épaisseur. Se déplacer à 1500 ft de hauteur permet d'observer ces frontières naturelles que constituent le relief et les rivières, ces changements de couleur et de qualité de la terre en quittant une région vers une autre, ces différences de types d'habitat, de maison et de toiture. Avant même d'avoir atterri on sait combien l'histoire est prégnante dans notre pays, combien la cuisine est diverse, combien les mentalités peuvent varier comme le goût des 246 variétés de fromage.
Aujourd'hui nous avons choisi comme destination Semur en Auxois : piste en dur en haut d'une colline à moins d'un quart d'heure à pied de la ville. A cette saison quand on vole au radada on ramasse des moustiques, c'est l'inconvénient !

C'est donc à pied que l'on se rend dans la ville qui apparait dès que l'on sort de l'aérodrome.

La vieille ville est magnifique, totalement bourguignonne, les bâtiments datant pour la plupart du XIV° siècle : toits en tuile plates, façades à colombage.




Une Collégiale datant du XIII° siècle, gothique, flamboyante démonstration du rayonnement et de la richesse de la ville au Moyen Age et de la fécondité de cette période de notre histoire.

Ce week-end de Pentecôte est jour de fête à Semur depuis 1639, occasion de la course de cheval la plus ancienne de France :
"Chaque jour de foire de Pentecoste le syndic exposera pour le prix de
la course une écharpe de taffetas blanc, qui sera donnée en place
public au premier cavalier et une paire de gants pour le second, pour à
l'avenir rendre l'apport de la foire plus considérable".

L'occasion de profiter des merveilles culinaires du terroir

D'admirer ces dernières boutiques ambulantes qui ont marqué notre enfance

Et nous repartons comme nous somme venus en navigant à vue uniquement, non sans admirer une dernière fois la vieille ville

Fly safe !
Posted
2 Jun 2009 18:38
by
Denis Pariente